| Nouvelles - Brûlante rencontre |
Il fallait qu’elle sente ses mains sur son corps ; qu’il la caresse ; que sa bouche coure le long de sa peau ; qu’il apaise la fièvre qui la consumait ou elle allait mourir. Elle faillit s’étouffer sous le choc de ses pensées et son cœur se mit à battre à grands coups désordonnés. Sa respiration se fit plus laborieuse tandis que son sang bouillait dans ses veines. Son ventre se nouait d’un désir douloureux, sa chair vibrait au plus profond de son intimité comme un appel, dans un besoin irrépressible qu’il apaise cette douce souffrance. Elle étouffa un gémissement et porta la main à son front enfiévré. Que lui arrivait-il ? Depuis qu’elle s’était arrêtée devant ce garage situé en pleine campagne - sa Mercedes cahotante -, et que cet inconnu s’était avancé lentement de la pénombre à la clarté du jour, dévoilant une haute stature, des épaules larges, des cheveux bruns brillants et des yeux d’un bleu pénétrant, elle en avait perdu la parole. Puis la virilité de cet homme avait complètement déconnecté son corps de son esprit, transmettant des signaux qui la mortifiaient. Il dut s’apercevoir de quelque chose, car il leva légèrement son visage.
- Ca va ? demanda-t-il, les sourcils froncés à la vue de ses yeux fiévreux et de ses joues roses.
- Oui, croassa-t-elle.
Son visage replongea dans le moteur de sa voiture et, avec intérêt, elle suivit des yeux la main qu’il porta à la poche arrière de son jean élimé pour en extirper une clef, notant au passage la perfection de cette partie du corps. Elle recula, honteuse du cours de ses pensées, honteuse de son incapacité à se dominer.
- Il y a un frigo avec des boissons fraîches, proposa-t-il sans lever les yeux.
- Merci, répondit-elle d’une voix méconnaissable.
Quelques mètres de distance lui permettraient de se reprendre, du moins l’espérait-elle. Elle s'éloigna les jambes flageolantes. Elle prit un soda, et l’idée que la canette puisse se désintégrer par la chaleur de son corps traversa son esprit. Jamais ! Grand dieu ! Jamais elle n’avait eu une telle réaction physique pour un homme. Certes, un homme ténébreux diablement séduisant mais un inconnu ! Elle ferma les yeux tout en posant la canette sur son front, soulagée un court instant par la fraîcheur de l'emballage.
- Ca va ? répéta une voix inquiète dans son dos.
Seth la vit sursauter violemment puis vaciller quand elle pivota. Dans un réflexe pour lui venir en aide, il posa ses mains sur ses hanches ; la cannette tomba à terre.
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Mis à jour (Jeudi, 05 Août 2010 19:18)

